Un outil de bijouterie chargé d’histoire

Comment j’ai découvert l’origine de mon banc à étirer

Il y a quelque temps, une historienne m’a contactée au sujet de mon banc à étirer le fil, un outil essentiel en bijouterie. Elle menait un inventaire des outils d’un orfèvre du XVIIe siècle et avait remarqué un banc très similaire au mien.

Cette prise de contact m’a donné envie de me pencher à nouveau sur une inscription présente sur mon outil :
“A. Daltroff et E. Woelffling, 53 rue des Ours, Paris”.


Qui étaient Daltroff et Woelffling ?

Derrière ces noms se cachent deux hommes : Alexis Daltroff et Ernest Woelffling, beaux-frères et associés.

En 1866, Alexis Daltroff est mentionné comme « commis bijoutier ». Deux ans plus tard, lors de son mariage, il devient marchand d’outils. Dans les années 1870, il s’associe avec Ernest Woelffling pour développer une activité spécialisée dans les outils de bijouterie.

En février 1874, ils fondent ensemble une société commerciale, installée au 53 rue des Ours à Paris. Leur entreprise, dédiée à la fabrication et à la vente d’outillage pour bijoutiers, est officiellement enregistrée au Tribunal de Commerce.


Un savoir-faire reconnu au XIXe siècle

Leur travail semble avoir été particulièrement apprécié à l’époque.

En 1878, ils reçoivent une médaille de bronze lors de l’Exposition Universelle, preuve de la qualité de leurs outils. Leur nom apparaît encore associé jusqu’en 1889, témoignant d’une activité durable et reconnue dans le milieu.


Un outil ancien toujours utilisé aujourd’hui

Ces recherches m’ont permis de réaliser que mon banc à étirer est bien plus ancien que je ne le pensais.

C’est un objet chargé d’histoire, qui a traversé les générations et qui continue aujourd’hui à être utilisé dans mon atelier. Il incarne à lui seul la continuité du savoir-faire artisanal en bijouterie.


Travailler avec des outils qui ont une histoire

Savoir d’où vient cet outil, comprendre qui l’a fabriqué et dans quel contexte, donne une dimension particulière à mon travail.

Chaque jour, en l’utilisant, je m’inscris dans une forme de transmission : celle d’un métier, de gestes et d’un savoir-faire qui perdurent depuis plus d’un siècle.

Source : https://asf-genealogie.wixsite.com/asfg/alexisdaltroff